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Le bac de rétention est un équipement de prévention : il recueille les liquides qui pourraient s’échapper des contenants stockés. Son dimensionnement dépend des capacités des réservoirs ou récipients associés, de la nature des produits et des prescriptions applicables à l’installation.
Ce guide H2LOIRE explique les principales règles de calcul, aide à vérifier les contraintes techniques et oriente vers les familles de bacs adaptées aux besoins professionnels, sans remplacer l’examen des prescriptions propres à votre site.
Attention : les règles présentées ne s’appliquent pas indistinctement à tous les stockages. Il faut d’abord identifier les textes applicables à votre installation : régime ICPE, rubrique, arrêté de prescriptions générales, arrêté préfectoral et éventuelles dispositions spécifiques aux produits.
L’arrêté du 4 octobre 2010 relatif à la prévention des risques accidentels comprend des dispositions relatives aux rétentions au sein des ICPE soumises à autorisation.
L’application de sa section IV dépend des conditions fixées par l’article 24, notamment de l’ancienneté de l’installation, des rubriques concernées et des modifications ayant nécessité une nouvelle autorisation. L’article 25 ne constitue donc pas une règle automatiquement applicable à toutes les ICPE.
Lorsqu’il est applicable, il prévoit notamment :
Lanote ministérielle de questions-réponses publiée sur AIDA précise notamment les conditions d’application aux installations existantes.
L’arrêté du 2 février 1998 reste en vigueur, mais son ancien article 10 relatif aux rétentions a été abrogé en 2011. Les dispositions correspondantes ont été intégrées à l’arrêté du 4 octobre 2010.
L’arrêté du 24 septembre 2020 modifié encadre des stockages de liquides inflammables en récipients mobiles au sein de certaines ICPE soumises à autorisation. Il comporte des dispositions propres aux stockages concernés, aux implantations, aux rétentions et à la prévention du risque incendie. Il ne faut pas transposer mécaniquement l’exemple 100 % / 50 % à ces installations. Le texte a notamment été modifié par un arrêté du 12 juin 2025 : consulter sa version consolidée et les conditions applicables à l’installation.
Pour une installation soumise à déclaration ou à enregistrement, recherchez les prescriptions de l’arrêté applicable à sa rubrique.
Des textes spécifiques peuvent également encadrer certains stockages, notamment les liquides inflammables. Il ne suffit donc pas de connaître le nombre de fûts ou d’IBC pour déterminer le volume réglementaire de rétention.
| Situation de stockage | Référence à examiner | Principe de dimensionnement |
| Stockage relevant de la règle générale de l’article 25 | Arrêté du 4 octobre 2010, articles 24 et 25 | Plus grande valeur entre 100 % de la capacité du plus grand contenant et 50 % de la capacité totale associée |
| Stockage exclusivement composé de récipients mobiles de 250 L maximum contenant des liquides inflammables ou combustibles dont le point éclair est compris entre 60 et 93 °C | Article 25, lorsque applicable, sous réserve des textes spécifiques | 50 % de la capacité totale, avec un minimum de 800 L ; si le total est inférieur à 800 L, rétention égale au total |
| Stockage exclusivement composé de récipients mobiles de 250 L maximum : autres cas. | Article 25, lorsque applicable | 20 % de la capacité totale, avec un minimum de 800 L ; si le total est inférieur à 800 L, rétention égale au total |
| Stockage relevant de l’arrêté du 24 septembre 2020 sur les liquides inflammables en récipients mobiles. | Arrêté du 24 septembre 2020 modifié | Règles selon l’implantation, les contenants et les conditions d’application ; prise en compte éventuelle des eaux d’extinction et des intempéries |
| Installation soumise à déclaration ou à enregistrement | Arrêté de prescriptions générales de la rubrique et éventuelles prescriptions particulières | Volume et conditions fixés par les textes applicables |
| Stockage hors ICPE | Textes spécifiques éventuels selon le produit, l’usage et le lieu | Vérification au cas par cas ; la règle 100 %/50 % n’est pas une obligation universelle |
La rubrique 1435 concerne les stations-service. La rubrique 2930 peut concerner les ateliers de réparation et d’entretien de véhicules, selon leurs caractéristiques et les seuils de classement. Le classement doit être vérifié dans la nomenclature en vigueur.
La rubrique 1172, encore présente dans certaines anciennes documentations, a été supprimée en 2015. Pour les produits dangereux pour l’environnement, le classement dépend notamment de leur classification et des quantités susceptibles d’être présentes.
Listez chaque contenant avec :
Identifiez d’abord le régime de l’installation et les textes qui encadrent le stockage.
Lorsque l’article 25 de l’arrêté du 4 octobre 2010 s’applique, distinguez :
Vérifiez ensuite les éventuelles dispositions spécifiques, notamment pour les liquides inflammables.
Vérifiez si la capacité indiquée par le fabricant correspond au volume réellement disponible.
Vérifiez le volume annoncé pour la configuration prévue : caillebotis, supports, contenants et accessoires. Appliquez les modalités de calcul du texte concerné.
Le volume nécessaire doit rester disponible pendant l’exploitation. Les eaux de pluie, les déchets ou les liquides déjà accumulés ne doivent pas réduire la capacité disponible en dessous du minimum requis.
La masse d’un contenant plein dépend de sa tare et de la densité du liquide :
Masse totale = tare du contenant + volume de liquide × densité du liquide.
Un IBC de 1 000 L ne représente donc pas la même charge lorsqu’il contient de l’huile, de l’eau ou un liquide plus dense.
Vérifiez :
Ne franchissez le bac avec un engin que si le fabricant l’autorise.
Les produits susceptibles de réagir dangereusement entre eux doivent disposer de rétentions séparées.
Vérifiez également :
L’exemple concerne deux fûts de 220 L et un IBC de 1 000 L contenant une huile hydraulique compatible avec la rétention.
Hypothèse : le stockage relève de la règle générale de l’article 25, sans prescription spécifique modifiant le calcul.
| Étape | Calcul | Résultat |
| Capacité totale associée | 2 × 220 L + 1 000 L | 1 440 L |
| Capacité du plus grand contenant | IBC de 1 000 L | 1 000 L |
| 100 % du plus grand contenant | 100 % × 1 000 L | 1 000 L |
| 50 % de la capacité totale | 50 % × 1 440 L | 720 L |
| Valeur retenue | Plus grande des deux valeurs | 1 000 L minimum |
Ce résultat concerne une rétention commune. Il reste à vérifier son adéquation pratique.
L’emprise : l’équipement doit accueillir l’IBC et les deux fûts dans les conditions autorisées par le fabricant. Un bac prévu pour un IBC n’offre pas nécessairement la surface ou la charge admissible pour deux fûts supplémentaires.
La charge : calculez la masse des 1 440 L d’huile à partir de sa densité, puis ajoutez la tare des contenants et de leurs supports.
La séparation éventuelle : si l’IBC et les fûts sont placés sur deux rétentions indépendantes, chaque groupe doit être recalculé. Dans le cadre de l’article 25 :
Lorsque la règle des petits récipients de l’article 25 s’applique, le minimum de 800 L doit être lu avec l’exception concernant les stockages de capacité totale inférieure à 800 L.
Pour deux fûts de 220 L, la capacité totale est de 440 L : la rétention minimale est donc de 440 L dans ce cadre réglementaire.
Pour les stockages relevant du taux de 50 %, le calcul se traduit ainsi :
| Capacité totale stockée | Rétention minimale |
| Jusqu’à 800 L | 100 % de la capacité totale |
| De 800 à 1 600 L | 800 L |
| Au-delà de 1 600 L | 50 % de la capacité totale |
Pour les stockages relevant du taux de 20 % :
| Capacité totale stockée. | Rétention minimale |
| Jusqu’à 800 L | 100 % de la capacité totale |
| De 800 à 4 000 L | 800 L |
| Au-delà de 4 000 L | 20 % de la capacité totale |
Ces tableaux ne doivent pas être appliqués à un stockage relevant d’une autre prescription.
La désignation commerciale « bac pour deux fûts » indique une possibilité d’accueil. Elle ne garantit pas, à elle seule, que le volume de rétention convient à tous les produits et à toutes les installations.
Le matériau se choisit selon le produit susceptible d’être recueilli, sa concentration, sa température et les conditions d’utilisation.
| Matériau | Usages envisageables, sous réserve de compatibilité | Points de vigilance |
| Acier peint | Huiles, hydrocarbures et certains solvants | Compatibilité du métal et du revêtement ; corrosion ; état des soudures ; prévention du risque électrostatique |
| Acier galvanisé | Certaines huiles, certains hydrocarbures et usages extérieurs | Compatibilité chimique, notamment avec les produits acides ou fortement alcalins ; état du revêtement |
| Polyéthylène | De nombreux produits aqueux, acides ou bases, selon leur formulation | Compatibilité avec les solvants et autres produits ; charge admissible ; résistance aux UV selon le modèle |
| Bac souple | Certaines interventions, opérations de dépotage ou utilisations temporaires | Compatibilité chimique, résistance mécanique et conditions d’utilisation ; franchissement uniquement si autorisé par le fabricant |
Complétez la FDS par les données de résistance chimique du fabricant.
Les mentions H400/H410 décrivent un danger aquatique, pas une compatibilité chimique.
Une fois les obligations identifiées et le volume calculé, l’enjeu est de choisir un équipement réellement utilisable : matériau compatible, dimensions suffisantes, charges admissibles et conditions d’exploitation adaptées. Le tableau suivant est une aide à l’orientation, et non une validation automatique de conformité.
| Votre besoin | Famille de produits à examiner | Vérification prioritaire |
| Stocker des fûts d’huile ou de lubrifiant | Bac de rétention acier | Compatibilité, charges et volume disponible |
| Stocker des acides, bases ou produits chimiques | Bac de rétention PEHD ou protection adaptée | Produit exact, concentration et température |
| Stocker un IBC / GRV de 1 000 L | Bac de rétention pour IBC | Emprise, poids plein, accès à la vanne et rétention |
| Stocker sur un rack ou un rayonnage | Rayonnage avec rétention | Charge par niveau et rétention réellement associée |
| Réaliser une intervention ou un dépotage | Bac de rétention souple | Compatibilité, sol, risque de perforation et franchissement |
| Organiser un stockage extérieur protégé | Armoire, bungalow ou conteneur avec rétention | Pluie, ventilation, accès, incendie et implantation |
Le bac acier convient à de nombreux usages de stockage industriel de liquides compatibles, notamment certaines huiles et certains hydrocarbures. Selon les produits et les conditions de stockage, une finition peinte ou galvanisée peut convenir. Les risques de corrosion et, pour certains liquides inflammables, de décharges électrostatiques doivent être examinés. Un bac acier n’est pas universellement compatible avec les acides ou les bases.
Un bac plastique en polyéthylène haute densité peut convenir à de nombreux liquides aqueux, notamment certains acides et bases. La résistance dépend néanmoins de la formulation, de la concentration et de la température : se reporter aux données du fabricant et à la fiche de données de sécurité (FDS).
« Bac pour 1 IBC » indique surtout une configuration d’accueil. Cette désignation ne garantit pas que le bac possède 1 000 L de rétention. Vérifier la rétention annoncée, les dimensions utiles, la charge admissible et l’accès pour la manutention et le soutirage.
Le bac souple permet de déployer une rétention transportable ou temporaire, notamment sur chantier, sous un équipement ou pendant une opération de dépotage. Son usage impose de vérifier la compatibilité chimique, la nature du sol et les risques de percement. Le franchissement par un véhicule n’est admissible que si la conception et le fabricant le permettent.
Exemple pratique : dépotage d’un camion-citerne
Lors d’un dépotage, un bac de rétention souple peut être installé sous la zone de raccordement ou de transfert afin de récupérer les égouttements et déversements accidentels. Selon le projet, des bandes de roulement adaptées aux charges ou des bords mousse autoportés peuvent faciliter le passage des véhicules. Une fabrication sur mesure peut être étudiée selon les dimensions de la zone, le liquide transféré et la fréquence des opérations. Vérifiez la compatibilité chimique, la stabilité du sol et les conditions de franchissement autorisées par le fabricant. Le bac complète les dispositifs de sécurité du dépotage ; il ne les remplace pas.
Conseil H2LOIRE : pour arbitrer entre plusieurs modèles, préparez la liste des contenants, les FDS, les contraintes d’encombrement et les charges. Vous gagnerez du temps et réduirez le risque de sélectionner un équipement inadapté.
Une rétention ouverte peut recueillir de l’eau de pluie : le volume occupé n’est alors plus disponible pour une fuite. En fonction des produits et de l’implantation, une protection adaptée, une armoire avec rétention ou un bungalow de stockage peuvent aider à protéger les contenants et la rétention.
Ne vidangez pas automatiquement l’eau présente dans un bac vers un réseau d’eaux pluviales. Vérifiez la présence éventuelle de pollution et les conditions de rejet applicables. L’exposition au vent, le risque incendie, les accès et les manutentions doivent aussi être considérés.
Il n’existe pas de marquage CE spécifique ni de norme NF unique couvrant tous les bacs de rétention.
L’adéquation de l’équipement s’apprécie au regard des prescriptions applicables à l’installation et des caractéristiques garanties par le fabricant.
Avant l’achat, demandez notamment :
Pour les produits inflammables, vérifiez également les exigences relatives au comportement au feu, à l’électricité statique et à la mise à la terre selon les textes applicables.
La mention « conforme ICPE » ne constitue pas une garantie universelle : un même bac peut convenir à une configuration et être insuffisant pour une autre.
Il n’existe pas de fréquence unique de contrôle applicable à tous les bacs de rétention.
Les opérations et leur périodicité doivent être définies selon les risques, les instructions du fabricant et les prescriptions de l’installation.
Un plan de contrôle peut comprendre :
Tout dispositif de vidange doit rester fermé en exploitation, conformément aux prescriptions applicables.
Pour les stockages extérieurs, surveillez l’accumulation des eaux de pluie. Avant leur évacuation, vérifiez leur état et les conditions de rejet autorisées. Les liquides pollués doivent être pris en charge selon leur nature et les prescriptions en vigueur.
Choisir uniquement selon le nombre de contenants. Un bac capable d’accueillir deux fûts ne possède pas nécessairement le volume exigé pour votre stockage.
Confondre capacité annoncée et capacité disponible. Faites préciser le volume garanti pour la configuration choisie et maintenez-le disponible pendant l’exploitation.
Réunir des produits incompatibles. Deux produits utilisés dans le même atelier ne peuvent pas automatiquement partager une rétention.
Oublier la masse réelle d’un IBC plein. Le bac et son caillebotis doivent résister au poids du liquide, du contenant et des accessoires, compte tenu de la densité.
Négliger l’eau de pluie. À l’extérieur, une rétention déjà remplie d’eau peut ne plus offrir le volume requis.
Les obligations dépendent du produit, de l’usage et du lieu de stockage. Des textes spécifiques peuvent imposer une rétention hors ICPE, notamment pour certains stockages de produits pétroliers. La règle 100 %/50 % ne constitue pas une obligation universelle applicable à toutes les installations non classées.
Lorsque la règle des petits récipients de l’article 25 de l’arrêté du 4 octobre 2010 s’applique, deux fûts de 220 L nécessitent une rétention de 440 L, leur capacité totale étant inférieure à 800 L. Vérifiez les prescriptions propres à votre installation avant de choisir le bac.
Il n’existe pas de marquage CE spécifique ni de norme NF unique couvrant tous les bacs de rétention. Vérifiez les caractéristiques garanties par le fabricant, les justificatifs disponibles et les exigences particulières applicables à votre équipement et à votre installation.
Lorsque la règle générale de l’article 25 s’applique à un IBC de 1 000 L stocké seul, le calcul conduit à 1 000 L de rétention. Le résultat change potentiellement selon les textes et l’organisation du stockage ; vérifiez également les charges et les dimensions du bac.
Non. L’adéquation dépend aussi du régime applicable, des liquides, des incompatibilités, de la charge, de la ventilation, de l’implantation et des conditions d’exploitation.
Que vous recherchiez un bac acier, un bac PEHD, une rétention pour IBC ou une solution souple, H2LOIRE peut vous orienter vers une configuration à étudier à partir des données de votre stockage.
Pour obtenir une proposition pertinente, indiquez les produits et leurs FDS si nécessaire, le nombre et le volume des contenants, la capacité de rétention requise, les charges, les dimensions disponibles et le lieu d’installation.
Demandez conseil ou un devis à H2LOIRE : https://www.e-retention.fr/
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